Traduit de l’article d’Andrea F. [En collaboration avec Roberta C.]
La Beauté de la Mort
L’accompagnement du mourant sur le Chemin de la Beauté
« La naissance et la mort apparaissent comme des phénomènes discontinus à ceux qui ne considèrent comme réel que le monde visible. Mais si l’esprit reconnaît l’infinité de l’invisible, la naissance et la mort disparaissent complètement et ce qui reste est la parfaite continuité de la vie. Personne ne meurt parce que personne ne naît. » (Commentaires sur l’Infini § 70)

Aujourd’hui, jour de la conjonction héliocentrique entre Mars, Guerrier Solaire, gardien de toutes les batailles, et Melpomène (astéroïde 18), muse divine de la tragédie, sous le signe du Scorpion :
Contemplons la Beauté de la mort !
“Urusvati connaît le véritable sens de la continuité. La plupart des gens craignent ce phénomène naturel et inventent de nombreuses explications pour conforter leur désir de croire à une interruption de l’existence.
Certains d’entre eux croient même que le sommeil est une interruption, oubliant qu’il apporte le renouvellement du rythme et le contact avec les Forces Supérieures. D’autres vont encore plus loin : ils ne veulent pas comprendre que quitter l’état terrestre est simplement un changement d’état d’être, et ils espèrent que la soi-disant mort est la fin de la vie.
Le phénomène de continuité est un aspect de la beauté de la Création du Monde.
Il peut se comprendre comme une forme de tension.
On peut se vêtir d’un nouveau vêtement, mais la semence de l’esprit vit continuellement. Non seulement elle vit, mais elle répond également à l’Aimant Cosmique.
L’humanité est-elle dans un état médiocre pour ne pas comprendre la belle loi de l’ascension ? Si nous pouvons espérer que l’homme accepte entièrement la loi de la Création du Monde, qu’il tende au moins l’oreille vers la voix harmonieuse de la nature et admette l’existence de la vie Surterrestre. Ainsi, Nous trouverons un point de contact et pourrons redonner la santé à la conscience humaine. Le Penseur avait l’habitude de dire ; « Acceptez la continuité, elle vous mènera aux Portails de l’Eternité. »”. (Surterrestre IV, 871)
Mars, le Templier de l’Amour-Désir qui traduit en action la volonté de Vulcain (1er Rayon de Volonté et de Pouvoir), la force imparable qui manifeste la victoire et le triomphe, s’unit à Melpomène, Celle qui chante l’Amour et le Sacrifice : leur relation élargit la réalisation de l’Harmonie et de l’Art à travers la transformation des conflits profonds et des « douleurs », conduisant à la mort – par transformation – de ce qui n’est plus nécessaire et cristallisé.
En ce jour consacré à la mort, où le Scorpion introduit la mort par suffocation qui libère l’homme dans le Centre planétaire que nous appelons Hiérarchie (Astrologie ésotérique, p. 98), en tant que Disciples, nous unissons notre perception et notre conscience à la Hiérarchie et nous voyons, à travers les yeux du Cœur, l’aspect le plus sublime de cette entité divine, la Mort, à la lumière de sa beauté.
Comment expliquer à une culture matérialiste que la mort en soi est Beauté, Harmonie et transformation ?
Grâce à l’observation, à la compréhension aimante et à l’intuition, nous verrons la mort comme l’essence divine de la beauté, agent de transformation et d’amour inconditionnel.
Depuis l’Antiquité, la mort était vécue comme un événement naturel et cyclique, et la réincarnation était une conséquence naturelle des lois de la nature. Ce processus de naissance, de mort et de renaissance continu est présent dans tout ce qui nous entoure, il suffit de le voir avec les yeux de la conscience du Cœur, en laissant se dissiper tous les brouillards de l’illusion que notre personnalité a créés au cours de nos existences.

Naître ici et mourir ici,
Mourir ici et naître ailleurs, naître là-bas et mourir là-bas,
mourir là-bas et naître ailleurs : telle est la roue de l’existence
(Paroles tirées du texte bouddhiste : Les questions de Milinda)
En raison des dérives personnalistes et du pouvoir de l’homme occidental, la culture des masses est tombée dans l’oubli de la connaissance mystique, s’accrochant à des versions dogmatiques et séparatrices. Cela a généré le doute et modifié l’image de la mort, qualifiant cette grande aventure de terrible, inquiétante, destructrice et instaurant dans la conscience émotionnelle des hommes le doute sur ce qui existe au-delà de son voile.
Le leitmotiv de la vision matérialiste est que nous devons prolonger autant que possible la vie physique, car c’est seulement ainsi que nous pouvons vaincre la mort.
« Dans la société de consommation, le mourant ne sait pas mourir et le médecin est incapable de lui expliquer le sens de la mort. Le processus de la mort cesse d’être une aventure consciemment entreprise pour devenir un événement absurde. » (Jean Ziegler)
Cette vision a alimenté la peur de la mort, nourrissant démesurément cette énergie lunaire et séparant de plus en plus l’homme de la connaissance et de l’art de vivre et de mourir.
« Comme tout être vivant, l’homme subit la mort, mais contrairement à tous les autres, il la nie par ses croyances dans l’au-delà. La mort est en effet l’événement le plus naturellement biologique, mais aussi le plus culturel, celui dont naissent la plupart des mythes, des rites et des religions » (Edgar Morin).
Nous avons oublié que le processus de la mort est un véritable art et qu’en tant que tel, il exprime la vraie beauté aux yeux de ceux qui savent voir.
« Nous t’avons fait créature ni du Paradis ni de la Terre, ni mortelle ni immortelle, afin que tu puisses, libre et fier artisan de ton être, te modeler dans la forme que tu préfères. Il sera en ton pouvoir de descendre dans les formes de vie les plus brutes et les plus basses ; tu seras capable, par ta décision, de remonter à nouveau aux ordres supérieurs dont la vie est divine. » (Pic de la Mirandole – De hominis dignitate)
“Comme un lourd destin, la pensée de la mort est suspendue au-dessus de la conscience humaine. Comme une coupe inévitable, le spectre de la mort est présent et, après avoir traversé toute une vie, l’esprit décide que l’on doit, ici, terminer son existence. Ainsi est la marche ardue de l’esprit séparé du Cosmos. Ignorant le commencement et ne voyant que la fin, l’esprit dissocié traverse la vie sans but. Mais chacun d’entre nous peut acquérir l’immortalité en admettant l’Infinité dans sa conscience. Ne pas avoir peur de la mort et tendre tous ses efforts vers l’Infini sont deux des conditions qui fournissent à l’esprit la direction vers les sphères de l’Infinité cosmique. Affirmez-vous dans l’acceptation de l’immortalité, et infusez une étincelle de la créativité du Feu Cosmique en chacune de vos actions, ainsi cet inexorable destin sera transformé en l’Appel de la vie cosmique. Notre grande loi, Notre juste loi vous a choisis comme participants des phénomènes universels ! Faites l’expérience de l’immortalité et de la justice cosmique ! Une étape magnifique est préparée pour chacun. Découvrez le cheminement de pensée conduisant à l’immortalité !” (Agni Yoga – Infini I, § 70)
Nous voulons maintenant raconter ce que signifie, dans la vision ésotérique, accompagner le mourant dans son cheminement vers la mort, comment ce processus peut être vécu dans la beauté et en harmonie avec la vie, en laissant de côté pour l’instant les aspects ésotériques de l’art de mourir, mais en observant et en comprenant ce que signifie « être présent » dans ce moment de grande transformation, en espérant que cette petite graine de beauté puisse germer là où règne la peur.
Comment accompagner les mourants
La première chose à savoir est que nous pouvons mourir par trois voies : le plexus solaire, le cœur et le centre de la tête.
Du premier sortent généralement les animaux, les enfants et les personnes qui vivent principalement immergées dans le monde émotionnel ; du deuxième sortent les personnes émotionnellement plus raffinées qui s’expriment à travers des sentiments plutôt que des émotions, les hommes honnêtes, les idéalistes et les mystiques ; du troisième sortent les personnes mentales et spirituellement concentrées.
Le détachement du plan matériel n’est pas facile et tout le monde n’y parvient pas. C’est pourquoi les écoles ésotériques et surtout le bouddhisme insistent beaucoup sur la pratique du détachement, car cela peut nous aider tant dans la vie physique que lors du passage vers une vie plus subtile. La synthèse de leur enseignement est la suivante : la souffrance est causée par le désir, le bonheur est le détachement des désirs (donc de la souffrance).

Opérer le détachement signifie par exemple être capable de voir et d’affronter les problèmes ou les occasions de la vie, en faisant tout ce que nous jugeons utile pour améliorer les relations, sans nous attacher aux résultats (sachant que ceux-ci dépendent toujours de nombreuses variables).
Le détachement ne signifie pas indifférence ou insensibilité, mais équidistance. Le détachement est respect : le terme respect vient du latin et signifie « regarder à nouveau » ou « regarder de loin », c’est-à-dire observer les autres non seulement d’un point de vue superficiel, mais en profondeur et de manière équidistante, sans vouloir les contrôler ou les posséder. C’est comprendre que la seule chose que nous pouvons faire pour les autres, si nous les respectons, c’est de les aider à surmonter les épreuves de la vie. Nous ne pouvons pas résoudre leurs problèmes, mais nous pouvons être à leurs côtés lorsqu’ils demandent conseil et ont besoin d’être soutenus pour mener à bien leurs choix.
Comme le dit une ancienne règle de vie, il faut se comporter de manière à ce que l’autre dise de nous : « Il est proche de moi et m’aime, et je suis assez fort pour faire ce que je crois juste ».
Le concept d’accompagnement à la mort concerne en effet la « bonne attitude » que le professionnel doit adopter envers la personne qui s’apprête à partir. Il ne doit pas le précéder avec des « solutions » non demandées, en se présentant comme « sage ou savant », sûr de ses connaissances ou de ses réalisations ; les personnes meurent de la même manière qu’elles ont vécu, et si elles n’ont pas suivi un cheminement spirituel authentique, les paroles ou les suggestions extérieures ne serviront à rien. Il ne doit pas non plus rester en retrait, dans l’attente, car la personne à accompagner pourrait ne pas le voir ; elle sera trop prise par ses attachements et par la tempête émotionnelle qui caractérise ces moments, et un accompagnateur distant et détaché pourrait ne pas être d’une grande aide, voire augmenter la confusion et la peur.
L’art de l’accompagnement consiste précisément à marcher aux côtés de celui qui meurt, avec discrétion mais avec soin et empathie ; à prêter attention aux détails, car lorsque les mots ne servent plus, la relation se construit à travers le contact, non seulement physique, mais surtout humain, sous toutes ses formes. Dans une situation de maladie à un stade avancé, tout ce qui concerne la personne sera lié à un sentiment de précipitation, d’urgence : rechercher un nouveau traitement, un spécialiste qui pourrait représenter une chance de miracle, une nouvelle hospitalisation.

L’opérateur devra plutôt être un « phare dans la tempête », un port sûr où l’autre pourra accoster à la recherche de paix et de réconfort ; d’où l’importance que la personne qui accompagne ait non seulement une formation technique, mais surtout qu’elle soit une personne aussi épanouie que possible sur le plan spirituel, ou du moins à la recherche d’un sens à donner à ce qui se passe autour d’elle, chaque jour, chaque minute. En effet, dans les situations de fin de vie, ce que nous pouvons transmettre n’est pas ce que nous savons, mais surtout ce que nous sommes d’un point de vue humain. Cela permettra d’aider la personne malade à accepter la vie malgré la maladie ; accepter la maladie et la mort, pour une personne qui n’a pas trouvé de sens à travers un véritable cheminement spirituel, représente en effet un « saut trop long », l’exposant au risque de tomber dans le gouffre du désespoir, avec tout ce que cela implique, risquant d’affronter les derniers instants de sa vie en proie à la terreur.

La dernière étape, fondamentale, à laquelle doit faire face celui qui accompagne les mourants, est la capacité de savoir lâcher prise au bon moment, sans jugement ; après avoir parcouru un bout de chemin ensemble, lorsque le moment sera venu (la reconnaissance du « moment opportun » viendra de l’expérience, mais surtout de la capacité à écouter et à voir l’autre au-delà des apparences et des conditionnements), il pourra lâcher la main qu’il a tenue avec soin et gentillesse, permettant ainsi à l’autre de faire le saut, de la manière dont il le pourra.
La véritable richesse, dans les moments difficiles d’un diagnostic défavorable ou de l’approche de la mort, sera de trouver quelqu’un qui tendra cette main ; après tout, nous sommes tous en train de mourir, ce n’est qu’une question de temps et de circonstances.
La véritable beauté de la compréhension de la mort réside précisément dans le fait d’être, dans la présence sacrée en tant que serviteurs de la Vie, dans l’expression, à ce moment précis, d’un Cœur qui Aime et qui donne son expérience, afin de faciliter l’Art de Mourir et tout le parcours que ce moment magnifique implique, à travers les Processus de Restitution, d’Élimination et d’Intégration. (Voir Guérison Esotérique, pp. 394-5, 407).
Nous terminons ce voyage dans la beauté de la mort par un merveilleux poème de RUMI, afin que notre Cœur contemple la beauté de l’infini !
Chaque forme que tu vois a son Type suprême dans l’Au-delà : si la forme disparaît, ne crains rien : sa racine est éternelle. Chaque image que tu vois, chaque discours que tu entends, ne te chagrine pas quand ils disparaissent, car ce n’est pas vrai. Puisque la source est éternelle, ses branches coulent toujours, et puisque les deux ne cessent jamais, il est inutile de se lamenter. Considère l’Âme comme une fontaine et ses œuvres comme des ruisseaux : tant que la source dure, les ruisseaux coulent avec fraicheur. Éloigne la douleur de ton cerveau et bois cette eau pure ; ne crains pas qu’elle s’assèche, c’est une eau sans rives ! Depuis que tu es venu dans ce monde des êtres, une échelle t’a été placée devant toi pour te sauver. Tu étais d’abord une pierre, puis tu es devenu une plante, puis un animal : comment cela peut-il t’être caché ? Puis tu es devenu Homme, avec la science, l’esprit et la foi : regarde comme ce corps, qui était déjà une partie de la terre, est maintenant un Tout ! Et, après avoir dépassé l’Homme, tu deviendras certainement un Ange, au-delà de cette terre : ta place est dans les cieux. Et passe encore au-delà de l’Ange et plonge dans cette Mer : ainsi, toi, goutte, tu seras une mer immense et un Océan. Cesse de parler de « Fils », dis avec ton cœur : « Un ». Si ton corps est vieux, pourquoi craindre, si ton âme est jeune ?
(Ǧalāl al-Dīn Muhammad Balkhi dit Rumi. Poésies mystiques)





Merci Merci Merci.
Sujet difficile à traiter et pourtant bien expliqué à tous. Plus que la mort, c’est la séparation qui est souffrance pour ceux qui n’ont pas la continuité de conscience…
Votre précédent article était également enrichissant. Enfin le féminin est abordé !