La Dance des Idées

 

Danse des esprits bienheureux d’Orphée et Eurydice

La vie comporte une éternelle succession d’idées et de manifestations d’énergies cosmiques. Comment un esprit qui ne projette pas sa pensée dans le domaine des idées pourrait-il adopter le concept de l’Infinité ? Lorsque la pensée acceptera la signification de ce quelque chose, vital et réalisable, l’unification avec le Feu de l’Espace, elle révélera à l’homme le lieu de la joie et de la vérité. (Infini I 96)

[Les Idées] sont des êtres véritables qui ne naissent pas, ne périssent pas, ne grandissent ni ne diminuent, ne changent ni ne deviennent en aucune manière. Les Idées sont des êtres en soi. (Platon – Phédon 75, c)

Depuis longtemps, les gens comprirent que, pour recevoir correctement ces rayons,[ des énergies suprême] il fallait mettre l’organisme en harmonie. Dans ce but, les Sages ont indiqué la puissance des invocations sacrées. … La prière et la concentration intérieure sont d’excellentes réalisations qui assainissent l’esprit. Chacun, à sa manière, contribue à une manifestation utile à la concentration spirituelle, que ce soit par la musique, le chant ou la danse. … En substance, on cherchait à créer un état d’exaltation mentale pour favoriser la réception de ces énergies sublimes. (AUM § 4)

Mercure – photographié le 3 décembre 2025

On lève les yeux vers le Ciel, qui est la première Idée. C’est le monde des Idées, qui y résident et s’en nourrissent.

L’étude des Formes conduit aux Idées, qui en sont la Cause et les Modèles. L’étude des Idées, par besoin d’équilibre et de symétrie, révèle le processus par lequel apparaissent les Formes. Les Idées et les Formes ne sont pas des entités en contraste, mais symétriques, et appartiennent toutes deux à la Réalité divine du Cosmos. Les premières sont l’unité, l’essence ; les secondes sont la multiplicité et le devenir… Lorsque l’imitation ou l’image coïncident parfaitement avec le modèle réel, la forme et l’idée cessent d’être distinctes et s’identifient. (E. Savoini, L’Homme sur la planète et dans le ciel)

Lève-toi, ô jour ! Les atomes dansent !

Les âmes extatiques de joie dansent.

Celui pour qui dansent les sphères célestes et le vent

je te le dirai à l’oreille, Lui où Il danse !

Rumi

 NASA – Observatoire Chandra | Amas de galaxies Abell 2744

Nous célébrons aujourd’hui dans le ciel héliocentrique la conjonction en Balance entre Mercure, le Messager Solaire, garant des symétries et des correspondances, le Maître de la Musique qui met en relation harmonieuse le Haut et le Bas et reflète le Modèle dans tous les cœurs du Système, et l’astéroïde Terpsichore, celle qui se délecte de la danse, comprise comme un instrument privilégié pour accéder à la solennité de l’esprit, la Muse du mouvement qui prépare au Sacré… Une apothéose d’harmonie et d’élégance, exaltée par la lumière éclatante du pur Troisième Rayon de la Balance, une danse céleste enthousiasmante qui nous amène à donner des ailes à la pensée et à voler haut vers la première Idée, qui ne peut être que le Ciel, ce Modèle que Mercure nous invite à contempler et nous guide à imiter, un élan sublime pour apporter les rythmes et les sons des Idées dans chaque pensée, mot, geste et relation de notre quotidien, afin de réaliser – pour reprendre les mots de l’un des plus grands interprètes de l’enseignement des Muses, William Shakespeare – la « musique des vies humaines » !

Soutenus par cette conjonction électrisante, nous exprimons, dans l’équilibre et avec un sens profond du Beau, le mouvement éternel de l’esprit, pour graviter constamment autour du Feu central de tout ce qui est Juste, Harmonieux et Sacré !

Ken Browar – Deborah Ory | NYC Dance Project

Nous pouvons trouver de nombreuses façons d’exprimer la pensée de la danse, mais il n’est plus nécessaire de démontrer – car c’est un fait théorique et historique dont on peut multiplier les déclinaisons – que la danse est une forme de pensée : sur le corps, sur l’homme, sur le monde et sur leur relation réciproque, sur une tension vers le dépassement… Les éléments nécessaires à tout discours chorégraphique sont le corps et le mouvement, en tant qu’apparences sensibles capables de montrer quelque chose de différent d’une vision quotidienne. L’identité de ces deux éléments ne concerne toutefois pas seulement une question de mécanique physique, mais une ontologie du corps et du mouvement. Le danseur, pourrait-on dire, est un corps capable de contenir dans le monde physique d’autres mondes ; des mondes supplémentaires de corps imaginaires et symboliques, de corps possibles, visibles et invisibles.

… Elle met en œuvre, en effet, le profond rappel de l’intérieur et de l’extérieur, du sujet agissant et de l’objet perçu, car un danseur n’existe pas séparément de la forme qu’il recherche et présente. Cela signifie que, par son propre langage, la danse offre une perspective anti- dualiste qui « bouleverse » la manière habituelle de considérer la condition humaine, de la penser, de la percevoir. Si nous considérons ce qui se passe lorsqu’un corps humain se met à danser, nous devons admettre que son mouvement n’est pas seulement physique… Chaque petit mouvement du danseur montre les traces d’un corps qui est aussi une âme, révélant les signes d’un cosmos de gestes possibles… (Paul Valéry – L’âme et la danse)

Karl Jenkins – Palladio (premier mouvement)

Vitruvian Man – Chorégraphie de David Fernandez

Tout est proportion et comesure dans le monde des idées régi par la Règle de l’Art. L’exactitude l’illumine. Tout, même la joie et la béatitude, est régi par le nombre. C’est pourquoi chaque entité resplendit et la loi règne dans chacune de ses régions. Le monde des causes ne connaît ni le hasard, ni le désordre, ni le doute. Rien n’y existe qui soit créé par l’homme, mais celui-ci y a sa propre raison causale. Le monde des idées ne tolère ni violence ni oppression, contraires à l’harmonie, sa loi naturelle. (Les destinations lointaines – Destination 6.3)

L’idée est la cause qui sert de modèle aux objets dont la structure est inscrite dans la nature de l’éternité. (Sénocrate dans Proclus, Commentaire sur Parménide)

Antonio Canova |  Terpsichore

Il a été enseigné dans les temples intérieurs que cet univers visible d’Esprit et de Matière n’est que l’image concrète de l’abstraction idéale, qui a été construite sur le Modèle de la première Idée Divine. (Helena P. Blavatsky, Cosmogénèse)

Comment peut-on affermir un début de compréhension ? L’esprit enseignera à mettre en pratique les signes de la connaissance directe, mais acceptez que le trésor se remplisse ! Manifestez simplement le désir d’entrer dans le rythme de la Danse cosmique !  (Infini I § 19)

  1. S. Bach : Mitten Wir im Leben Sind

Chorégraphie d’Anna Teresa De Keersmaeker

La connaissance doit être universelle et maintenue en toute coopération. Les voies de la communication ne connaissent pas de barrières ; de même, les voies de la connaissance doivent s’épanouir en échange d’idées.  (AUM § 341)

La musicalité s’exprime donc dans le chant, la peinture, la sculpture, l’architecture, la phonétique et enfin dans toutes les manifestations du son. En Grèce, une ancienne cérémonie était dédiée aux Muses. La tragédie, la danse et, en général, tout ce qui est rythmique favorisait l’harmonie du Cosmos. (Surterrestre § 42)

Igor Stravinski | Apollon Musagète

Ken Browar – Deborah Ory | NYC Dance Project

Il convient de noter que la Communion est précisément l’ensemble des Idées solaires. (E. Savoini, Communion)

 

 

Beethoven – Neuvième Symphonie – Chorégraphie de Maurice Béjart

*

Quiconque connaît le pouvoir de la danse demeure en Dieu.

Rumi

On peut résister à une invasion d’armées,

mais pas à une idée dont l’heure est venue.

(attribué à Victor Hugo)

 

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