La Joie

Traduit de l’article d’Anna Z.

En ce moment, dans le ciel héliocentrique, nous voyons la conjonction de Mercure avec la muse/astéroïde Thalie dans le signe du Capricorne.

Le Capricorne est un symbole de rigueur, de discipline et de pragmatisme ; Mercure est la planète de la communication et de la pensée, maître de l’harmonie et de la beauté ; Thalie, celle qui est festive, est la Muse de la comédie, de l’ironie, de la légèreté et de la joie.

Entre les lignes rigoureuses du Capricorne, Mercure danse donc avec Thalie, apportant des idées et des mots légers sur des sentiers rigoureux… Ce n’est pas une joie éphémère, ce n’est pas un rêve flottant, mais une joie parfaite : celle qui naît lorsque l’esprit sait organiser la lumière, lorsque le sourire devient un geste concret et que le cœur sourit avec sagesse.

Ainsi, la créativité trouve sa place dans le pragmatisme, la légèreté s’habille de structure et le bonheur, enfin, n’est pas une idée, mais une réalité possible lorsque l’on passe de l’amour de soi à l’amour des autres, car le don de soi aux autres répand la lumière de la joie.

Maitreya envoie du courage. Maitreya acceptera le don. Maitreya ressent l’amour. Maitreya bénit les efforts accomplis dans la joie. Maitreya dispense le travail sur Terre comme un miracle. Marchez avec joie. C’est une joie pour Moi de guider ceux qui sourient. Apprenez à discerner l’Enseignement de lumière dans chaque manifestation. Avoir de grandes ressources est propre à Mes élèves. (Agni Yoga, Les Feuilles du jardin de Morya, § 97)

L’esprit qui organise la joie transforme la légèreté en bonheur concret.

Mercure conjoint à Thalie en Capricorne représente l’esprit qui, avec discipline et structure, parvient à apporter créativité et légèreté dans la réalité. La joie est le résultat final : un bonheur concret, organisé et conscient.

……. Nous n’avons rien à nier, car ce qui existe est indéniable ; mais il faut l’appliquer. Il ne peut y avoir alors, ni chagrin, ni détresse, mais seulement une grande joie… (Agni Yoga, Agni Yoga § 250)

Quand on parle de Joie, on pense immédiatement à Saint François et à sa « Joie Parfaite », l’un des récits les plus célèbres de la tradition franciscaine, rapporté dans les Fioretti.

La Joie Parfaite est un concept central dans la spiritualité de Saint François d’Assise et représente un état de joie authentique et de sérénité intérieure qui se trouve dans l’acceptation des souffrances et des injustices avec patience, amour et gratitude.

Dans un dialogue avec frère Léon, François explique que la véritable joie ne dépend pas des circonstances extérieures, mais de notre attitude intérieure et de notre relation avec le divin.

Saint François marchait avec frère Léon par une froide journée d’hiver. Il expliquait que convertir de nombreux infidèles, accomplir des miracles ou posséder de grands dons spirituels n’était pas la joie parfaite. Mais si, de retour au couvent, fatigués et transis de froid, les frères ne les avaient pas reconnus et les avaient chassés en les insultant, et qu’ils auraient supporté cela avec patience et joie pour l’amour du Christ, voilà où réside la joie parfaite.

Nous vivons dans un monde où le bonheur semble lié aux succès et aux récompenses, tandis que François nous montre que la vraie joie ne dépend pas de ce que font ou pensent les autres, mais de la capacité à rester centré sur l’amour, même dans la douleur et le rejet.

Dans les relations, la joie parfaite consiste à rester serein même lorsque nous ne sommes pas compris ; dans le travail et dans la société, cela signifie ne pas mesurer notre valeur à l’aune des applaudissements, mais à celle de l’amour que nous y mettons ; dans la vie intérieure, c’est le choix de sourire même lorsqu’il fait froid dehors, car en nous brûle une lumière qui ne s’éteint jamais.

Lorsque l’on se sent oublié ou jugé, il faut se rappeler que la joie ne dépend pas du regard des autres, mais de l’amour de et pour le Christ, Principe et Prince de l’Amour-Sagesse.

Il faut avoir un cœur qui sait sourire, qui ne s’endurcit pas dans la rancœur mais s’ouvre comme une fleur dans la neige ; il ne faut pas chercher le bonheur dans les succès, les éloges et les récompenses, mais dans la certitude que, même lorsque tout semble aller contre nous, nous devons, comme François, trouver la joie parfaite dans l’humilité, la patience et un amour qu’aucune porte fermée ne peut éteindre.

Tout cela peut sembler être une manière trop difficile de valoriser la souffrance, presque comme si on  si complaisait, comme si on en demandait trop à ces pauvres créatures humaines, et la tentation pourrait être de renoncer à une joie éclatante par peur de traverser une douleur effroyable.

À la fin, François dit au frère Léon :

Mais écoute bien la conclusion, frère Léon. Parmi toutes les grâces et tous les dons du Saint-Esprit que le Christ accorde à ses amis, il y a celui de se vaincre soi-même et d’accepter volontiers, par amour pour le Christ, les souffrances, les injures, les outrages et les incommodités ; car nous ne pouvons-nous glorifier de tous les autres dons de Dieu, puisqu’ils ne sont pas nôtres, mais ceux de Dieu, comme le dit l’Apôtre : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu de Dieu ? Et si tu l’as reçu de lui, pourquoi t’en glorifier, comme si tu l’avais reçu de toi-même ? ».

Il est donc fondamental de mettre le Christ au centre de notre vie et d’essayer de devenir comme Lui ! Et nous préparer à partager avec Lui non seulement la souffrance, mais aussi une joie immense !

C’est une proposition difficile à mettre en œuvre, car les êtres humains aiment s’attendrir devant la crèche d’un enfant, autour duquel chantent les anges, mais il faut toujours se rappeler qu’à l’arrière-plan de la scène se profile une croix qui est aussi le salut pour tous ceux qui s’y confient.

Peut-être pourrions-nous commencer à affronter les inévitables désagréments de la vie quotidienne en les acceptant avec patience et courage, sans nous résoudre à nous plaindre facilement. Lorsque les plus grands problèmes surviendront, nous serons déjà entraînés et donc plus forts.

Peut-être que la joie parfaite n’est pas quelque chose à conquérir, mais à reconnaître. Peut-être est-ce le silence qui reste quand tout est calme, la lumière qui filtre même les jours gris… C’est ce sourire qui naît non pas parce que tout va bien, mais parce qu’au fond de nous, nous avons choisi d’aimer malgré tout.

Au final, la joie parfaite est un petit miracle quotidien… c’est savoir dire merci même quand rien ne brille… c’est découvrir que la paix ne dépend pas des circonstances, mais d’un regard neuf sur le monde et sur soi-même, et alors même le jour le plus ordinaire peut devenir un lieu saint.

Comme dirait St François, ce sentiment intérieur ne s’habille pas avec des vêtements élégants, mais marche avec des sandales poussiéreuses… parfois il trébuche, rit, se relève et continue à chanter parce que la vraie joie est d’être en chemin, léger et libre, même avec quelques cailloux dans les sandales, mais beaucoup de Ciel dans le cœur !

Que les gens se rappellent quand leurs efforts ont été couronnés de succès grâce à Notre Aide, et qu’ils ont, alors, réellement senti le contact de la Main Directrice. Certains peuvent l’avoir rejetée, comme une mouche agaçante, mais il y a ceux qui l’ont acceptée avec gratitude. Ceux qui sont emplis de gratitude sont forts car leurs ailes grandissent ! Ils n’auront pas peur de Nos commandements. Ils savent que Nous sommes lourdement chargés, et pourtant se réjouissent sur le chemin du Jardin de Beauté ! (Agni Yoga, Surterrestre 1, § 140)

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