Traduit de l’article de Giuliana P.

Le futur a toujours été le grand défi de l’homme.
Depuis toujours, l’homme s’interroge sur la possibilité de connaître ou non le futur, de sonder son cheminement, de le modifier et de l’influencer, ou bien s’il doit se résigner à céder la place, et sa liberté, à un avenir déjà écrit. Partant du principe que le futur est une énergie malléable, c’est-à-dire une énergie « vivante » et réceptive aux stimuli provenant de la conscience et de l’activité humaine, l’homme a non seulement la possibilité, mais aussi le pouvoir d’agir dans une certaine mesure sur le futur et d’utiliser cette énergie, riche en possibilités, d’une manière ou d’une autre.
« Le futur est vivant, et c’est là que réside le miracle : il est vivant, mais il n’a pas de forme. C’est pourquoi il est malléable et s’adapte à prendre n’importe quelle apparence sans pour autant changer la qualité de l’énergie ». (1)
Cette affirmation signifie que l’énergie du futur n’est pas une énergie définie une fois pour toutes, elle n’est pas imperméable à nos tentatives de changer son cours, mais elle n’est pas non plus inerte face à nos erreurs et à nos actions inconsidérées. Le futur et l’énergie de la pensée sont étroitement liés selon le principe « l’énergie suit la pensée » ; si nous considérons le futur comme une forme d’énergie encore en gestation, alors la capacité créatrice de l’homme, semblable à la lumière rayonnante du soleil, garante de croissance et de développement, est l’élément approprié pour favoriser son plein épanouissement dans le présent.
Cette même lumière permet à l’avenir de se manifester selon un parcours clair, défini, ciblé et choisi de manière autonome, même s’il est circonscrit à l’orbite du libre arbitre humain, aussi limité soit-il, et au parcours évolutif de l’humanité rythmé par la succession des cycles.
« L’homme sait bien que toute son existence est une avancée continue vers le futur, il sait qu’il ne peut y échapper, mais il n’a pas encore compris que le cycle est la clé qui ouvre les portes d’un avenir inconnu et d’un passé tout aussi inconnu. Le futur, bien qu’illimité, se manifeste, par l’action des cycles, goutte à goutte. C’est le réceptacle infini de ce qui sera, d’où il est possible d’extraire les formes souhaitées, surtout si elles sont conformes au processus évolutif général ». (2)

C’est dans cette tension et dans cette aspiration que l’humanité future devra forger son œuvre au feu des nouveaux idéaux, ces idéaux que l’énergie croisée de Jupiter, Seigneur de l’Amour, et de Vénus, Maîtresse de la fusion sage, aujourd’hui réunis en Cancer pour le regard héliocentrique, place un sceau sur le Temple d’or humain. L’action des deux Luminaires vise à nourrir les consciences humaines et à leur fournir la constructivité et le magnétisme nécessaires pour définir une Nouvelle Culture et une Nouvelle Civilisation en accord avec les aspirations et la destinée de l’Humanité. L’Humanité future fera de la Liberté son étendard le plus élevé ; nous parlons ici de la Liberté fondée sur le service, la coopération, l’interaction consciente entre les êtres, le sacrifice des parties les plus personnelles afin que puisse jaillir le rayonnement du vrai Soi, qui est libre car il n’est lié à aucun aspect conditionnant, à aucune identification partielle, mais vit de Communion et est tourné vers le Bien commun.
Comme cela a déjà été affirmé, le but ultime, c’est-à-dire le déroulement complet du Plan évolutif, sera inévitablement atteint car il s’agit d’une énergie transcendante et donc supérieure au libre arbitre humain, « …néanmoins, il est totalement libéral quant aux voies ou aux moyens qui y conduisent, laissés au libre arbitre des créatures impliquées dans le processus ». (3)
Le feu qui permet à la Liberté de brûler dans la conscience de l’Humanité Une est celui de l’Union, comme l’indique l’Enseignement « Il est temps de reconnaître que tous les événements sont interconnectés et que l’unité est souveraine dans l’Univers ». (4) C’est comme dire que la Communion et l’Unité sont le tissu sur lequel fonder toute coexistence possible et sur lequel la Liberté peut également s’épanouir. L’Union dont il est question est ce tissu de relations, d’échanges, de conscience, de magnétisme et de cohésion dans lequel les hommes doivent apprendre à agir pour exprimer leur essence la plus profonde ; sans ces bases, la société tend à se désagréger et les sirènes de la séparativité et de l’égoïsme sont prêtes à envoûter les consciences qui se laissent encore séduire par les flatteries du moi inférieur.
L’un des effets de la synergie qui se crée entre Liberté et Union est le triomphe de la Vérité, c’est-à-dire le triomphe de l’intégrité de l’Être qui ne montre sa lumière que dans la plénitude de la communion, c’est-à-dire dans la pleine liberté et la pleine expression de soi, et non dans « …la vérité n’est pas une abstraction relative : c’est la compréhension des lois cosmiques par l’expérience directe » (5), affirme l’Agni Yoga, ce qui signifie tendre la conscience pour atteindre le cœur de la Réalité et préserver, défendre et affirmer la Vérité qui lui est inhérente.
Pour ce faire, l’Humanité Une devra enfin assumer une responsabilité décisive et consciente non seulement par rapport à son destin, mais aussi par rapport aux Règnes de la nature qui lui ont été confiés. Et l’effort humain pour construire le monde futur mettra la Beauté à l’honneur ; voulons-nous vraiment un futur disharmonieux, sombre, asymétrique, opaque, lourd et aride ? Non, chaque homme, lorsqu’il imagine le futur, le remplit de couleurs, de sons, de lumière, de mouvement, de légèreté.

Il l’imagine plein d’harmonie, c’est-à-dire en parfaite symbiose avec l’Être qui vibre dans le cœur de chaque homme et qui attend d’être exprimé au mieux des possibilités de chacun « C’est précisément l’esprit qui ne concède aucun répit, car il se souvient au plus profond de lui-même des mondes de beauté. Au-delà de toute mémoire se trouve une conscience inexprimable, certaine de la possibilité de retourner à la Lumière d’où jaillit l’étincelle ». (6)
Et enfin, c’est précisément par le pouvoir du Beau que se crée le monde nouveau et que se forgent les hommes nouveaux, c’est par le pouvoir de la Beauté que l’on avance sur le chemin qui mène à l’Un : « Apprenez à affronter avec beauté les tempêtes de la vie. Ce n’est pas comme recevoir des bonbons et des fruits confits, mais comme forger une épée ; ce ne sont pas des doigts sucrés, mais la main robuste du guerrier de l’esprit ». (7)
La nouvelle Humanité sera pleinement consciente de la multiplicité qui enrichit le monde, mais elle n’en fera pas une source de discorde, mais plutôt une source de joie et de développement, certaine que sa richesse réside dans l’abondance des couleurs et non dans l’uniformité monotone d’une seule teinte. L’hérésie de la séparativité, qui pollue et empoisonne les consciences, ne peut être vaincue que par la puissance de la Synthèse, de l’Union et de l’Amour, et par la ferme certitude que nous sommes Un en essence et que dans cet Un, nous pouvons vivre comme des frères.
“Lorsque Nous parlons de coopération, et même de Fraternité, Nous devons raviver la confiance ; sans elle, aucun rythme ne se crée ; sans elle, toute entreprise est vouée à l’échec ; sans elle, aucun progrès n’est possible. Ne croyez pas que Je répète une chose trop connue. Au contraire, comme à l’heure du danger, Je souligne un moyen de salut. Il n’est pas d’autre façon d’éveiller l’énergie psychique. Il n’est pas d’autre sentier sur lequel le cœur puisse rayonner de victoire. Difficile d’éviter la lassitude si les ténèbres emplissent le cœur”. (8)

Et c’est précisément la Fraternité qui sera l’idéal qui prendra vie dans le cœur et l’esprit des hommes nouveaux et qui trouvera corps et sang dans la future Humanité Une.
Ce n’est qu’avec l’affirmation de la Fraternité que l’homme pourra vénérer l’esprit qui brûle en chaque homme, sans distinction ; ce n’est qu’à travers l’affirmation de cet idéal que la Terre sera considérée comme un bien à préserver et non comme un objet à posséder et à piller ; ce n’est que poussés par la tension vers cet idéal suprême que les hommes pourront commencer à coopérer pour un but commun.
“La coopération s’exprime nettement dans l’action extérieure, mais la Fraternité se conçoit dans les profondeurs de la conscience. Des collaborateurs peuvent avoir des degrés de conscience différents, tandis que des êtres se perçoivent frères en fonction, précisément, de leur conscience. Des frères peuvent ne pas travailler ensemble extérieurement, ils seront unis par un fort lien de pensée. Ils s’unissent librement ; leur unité ne sera pas un joug pesant ou une servitude. Précisément, ces frères comprendront l’unité comme une puissante force motrice pour le bien du monde. Impossible de fixer des limites à semblable unité, car elle se fonde sur l’amour. Ainsi, la coopération préparera à réaliser la Fraternité”. (9)
Une destination, celle de la Fraternité, pour laquelle il n’y a pas de repos, mais seulement un engagement fervent : « …chaque jour, dans toutes vos activités, dans chacune de vos pensées, engagez-vous à réaliser la Fraternité ». (10)
Et la Fraternité a pour base le développement de Justes relations humaines. Ce n’est qu’avec le cœur tourné vers le perfectionnement des relations entre les hommes que l’humanité pourra enfin se réconcilier avec le Ciel, qui est sa demeure spirituelle et la demeure d’autres Fraternités, pour l’instant inconnues.
“La ‘porte de la demeure du mal’ est maintenue ouverte par l’humanité, par ses désirs égoïstes, ses haines et sa séparativité, par sa cupidité, ses barrières nationales et raciales, ses basses ambitions personnelles, son amour du pouvoir et sa cruauté. A mesure que la bonne volonté et la lumière afflueront dans la pensée des hommes, ces caractéristiques mauvaises et ces énergies dirigées qui maintiennent ouverte la porte du mal, feront place à un désir ardent de justes relations humaines, à une détermination de créer un monde meilleur et plus pacifique, ainsi qu’à une expression mondiale de la volonté-de-bien”. (11)
La perfection ainsi atteinte conduit à la gloire finale, accomplit ce pas qui permet à l’Idée et à son contenu, à l’essence et à la forme, à l’Esprit et à la matière de se fondre ensemble dans la plénitude. Ce n’est qu’ainsi que l’homme pourra s’engager sur le chemin qui mène au Futur, au renouveau et à cette nouvelle Humanité glorieuse capable d’unir le Très-Haut et l’Abyssal : “… la destinée de l’humanité, comme vous le savez, est d’être le représentant de la pensée de Dieu, exprimant ainsi l’intelligence active, motivée par l’amour, et mise en œuvre par la volonté”. (12)
“Laissez votre imagination se déchaîner pendant un instant, et représentez-vous ce que sera la condition du monde lorsque la majorité des êtres humains s’occuperont du bien des autres et non de leurs propres buts égoïstes. Donner libre cours à la pensée imaginative est bon et constructif ; cela aidera à amener la manifestation du nouveau monde et du nouveau type d’humanité que l’avenir apportera inévitablement”. (13) « Un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas : pour apprendre à maîtriser le futur, il faut commencer par demain, qui est toujours le premier jour, le premier cycle, le commencement de l’avenir » (14) ; encouragés et stimulés par cette exhortation, ne perdons pas de temps et préparons-nous à « rêver » le futur et les hommes nouveaux qui en seront les « pierres vivantes ».
Jour après jour, construisons des cathédrales de lumière, faisons germer des jardins de beauté et semons dans les cœurs la lumière éblouissante de la Nouvelle Humanité.
Notes
01-Savoini, Construire le futur 2002, texte inédit
02-Ibidem
03-Ibidem
04-Collection Agni Yoga, Surterrestre I § 164
05-Collection Agni Yoga, Agni Yoga 156
06-Collection Agni Yoga, Feuilles du jardin de Morya II, Illumination 160
07-Ibidem § 156
08-Collection Agni Yoga, Fraternité 71
09-Ibidem § 166
10-Ibidem § 110
11-A. Bailey, Le Disciple dans la Nouvelle Ère État de Disciple dans le Nouvel Âge, Vol. II, ang. 174
12-Ibidem, ang. 169
13-Ibidem, ang. 298
14-Savoini, Construire l’avenir, 2002, écrit inédit




