DIRECTION- HARMONIQUE

DIRECTIONS

Chaque rapport appartient à une ligne équitonale. Ici on a mis en évidence celles relatives aux sept intervalles principaux, dans l’octave comprise entre 1 et 2.

Cette version simplifiée du Lambdoma nous permet de développer quelques considérations supplémentaires, par rapport à celles,  plus générales, formulées précédemment :

L’examen des intervalles s’est nécessairement déroulé en utilisant la notation musicale pour dénommer tous les tons, mais il faut que l’étudiant studieux garde bien présent à l’esprit qu’en Harmonique « C » (do), par exemple, n’est pas un son de fréquence définie, comme cela le serait en musique, mais un des sons infinis qu’il est possible d’engendrer en « éveillant » le monde sonore, avec n’importe quel objet physique adapté, ou avec la voix.  Même les noms qui sont donnés aux intervalles dérivent de la structure formelle, qu’en musique on répartit l’Octave est en sept degrés diatoniques ; ainsi, par exemple, on nomme Quinte « G » la tierce harmonique supérieure, justement parce que dans la forme musicale, elle est le cinquième degré à partir de la note fondamentale.  Même l’intervalle d’Octave prend ce nom du fait que les mains et l’ouïe humaines l’ont subdivisé en sept degrés avant de parvenir, en montant, au huitième degré résonnant avec le premier.

Le partage de l’intervalle d’Octave est une matière complexe et même controversée de la théorie musicale. Ici il peut être intéressant de considérer que le problème  principal de la musique est celui de construire une forme sonore en établissant des points discrets dans un ensemble continu et infini, délimité cependant, par deux termes distincts et différents par la hauteur (fréquence/longueur d’onde = nombre) mais résonnants entre eux et psychiquement similaires (valeur). L’intervalle d’Octave[1] est l’unique, résonnant en lui-même, tandis que de l’Unisson est résonnant avec lui-même (c’est-à-dire avec son propre Son). Cette propriété traduit, dans la sphère du monde physique, la perception psychique qui reconnait une identité entre des sons de différents nombres, mais en rapport proportionnel entre eux : « comme le 1 au 2  » (ou multiples) ; les pivots de cette structure sont les harmoniques naturelles et les intervalles qu’elles forment réciproquement qui, reconduits dans le champ d’un même intervalle d’Octave (1-2), désignent, justement, les degrés principaux du système sonore diatonique. Ainsi, nous nous retrouvons, dans l’étude de l’Harmonique, à traiter des « Proto-types » (les intervalles générés par les harmoniques naturelles) en utilisant le langage qui convient pour décrire l’ensemble de leur précipités : les «Types» (les notes)

Cet entrelacement entre causes et effets, finit d’un côté par voiler l’horizon de l’étudiant, en voilant les perspectives devant lesquelles il a été placé au début, de l’autre, il lui permet de considérer la fonction révélatrice de la forme. Aujourd’hui, le savoir harmonique offre la clé de l »interprétation de l’enseignement des Sept Rayons ; l’art musical en est la réverbération, puissante pour prendre par la main la conscience émotive-mentale de l’homme et la conduire dans les règnes paisibles et lumineux de l’abstraction. Ce pouvoir a rendu prédominant, dans la culture humaine actuelle, la sémantique musicale (harmonie et mélodie) par rapport à l’étymologie harmonique ; de l’art musical et de sa nomenclature il faut donc remonter aux fondements de l’Harmonique. De toute façon cette opération, nécessaire, peut-être même difficile, laisse suinter les modalités avec lesquelles l’Idée se revêt de substance plus dense « en se matérialisant » et, comme ces enveloppes, elles soient destinées en la voilant, à la dévoiler.

 Le lambdoma donc est obtenu en développant la série d’intervalles générés par les harmoniques de n’importe quel son ; il faut toujours considérer qu’il est composé de rapports et que ceux-ci sont les protagonistes, bien qu’à côté d’eux apparaisse aussi le nom de la note qui les caractérise, en supposant que le rapport de souche 1/1 soit C (do).  La formulation « cartésienne » du lambdoma permet aussi de supposer l’existence d’harmoniques inferieures, c’est-à-dire ayant une longueur d’onde croissante et de fréquence décroissante. Il en jaillit un ensemble infini, en fait d’innombrables fois infini, parce qu’il n’y a pas de limites au choix du rapport souche qui deviendra le 1/1 du système. Du point de vue mathématique, c’est l’ensemble des nombres rationnels.

Le lambdoma même, justement parce qu’il est illimité, est inconnaissable dans son complet développement quantitatif ; nous pouvons le représenter seulement avec un index de développement limité, comme  celui que nous proposons à l’index 16, exigu par rapport au vrai, mais suffisamment complexe pour décourager d’ultérieurs approfondissements.

Cet ensemble infini d’intervalles révèle cependant une extraordinaire cohérence interne, si on l’approche avec une démarche qualitative. Par exemple, en mettant en rapport deux termes symétriques de l’ensemble, on obtient ce même rapport référé au terme souche 1/1, bien que les lieux du lambdoma dans lesquels nous opérons soient éloignés.

Et encore : comment parcourir l’infini? En pratiquant les directions plutôt que les distances : l’approche qualitative du lambdoma permet de révéler que chaque ton est placé sur une ligne qui le relie à tous les autres de la même qualité sonore, à partir du ton non manifesté de 0/0 qui existe aussi, même si on ne le voit pas ou si on ne l’entend pas.  Ces lignes sont définies « Equi-tonales » ; dans notre lambdoma d’indice 16 nous avons dessiné les lignes relatives aux sept intervalles principaux, reconduits dans la première Octave. En rouge l’Unisson, en bleu l’Octave, en jaune la Quinte, en indigo la Quarte, en vert la sixte et enfin en violet le Ton.  Imaginons les, se pencher bien au-delà des limites formelles, que nous nous sommes donnés par nécessité, comme des sentiers sûrs, sur lesquels les entités de la même nature s’enfoncent dans l’infini kaléidoscopique et retournent dans le lieu méta-physique (0/0) qui existe avant toute complexité et ampleur.

La connaissance harmonique, résumée dans le lambdoma, offre quelques indices pour relire la réalité, en reconnaissant que tout en elle est transitoire ; elle apparait, se transforme, disparait, pendant que les directions du changement et les rapports entre les êtres qui y participent selon leur qualité ou leur vocation, demeurent dans le futur, disponibles pour être repris pour d’autres traits des sentiers équitonales, avec de nouvelles rencontres de rapports (sonorités).

Le lambdoma nous a conduits à méditer sur l’infini, sur ce qui en lui est permanent et sur comment les distances sans fin se résolvent en directions. Analogie parfaite avec l’univers dont ce schéma est, peut-être, le modèle : directions et rapports sont justement les approches de l’ancienne connaissance astrologique, plutôt que les distances insolubles en années-lumière et les dispositions spatiales chaotiques fruits de l’explosion originelle. L’astrologie et l’astronomie attendent de se parler, il est possible que l’harmonique leur donne la main. Pour l’instant dans une nuit limpide et sombre, nous observons l’univers en portant dans notre cœur les lois de la sphère sonore : quelques similitudes sous la forme de rapport ou d’intervalle pourront émerger.

Traduction du TPS   di Giancarlo R. | 2 aprile 2017 Armonica

[1] L’octave est le Champ universel.

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